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Agriculture régénérative : les preuves scientifiques d'un ancien expert de l'USDA

L'agroécologue Jonathan Lundgren, ancien scientifique au Département de l'Agriculture américain devenu éleveur dans le Dakota du Sud, publie une étude qui replace l'élevage régénératif au cœur du…

mis à jour 17 septembre 2026

Agriculture régénérative : les preuves scientifiques d'un ancien expert de l'USDA

L'agroécologue Jonathan Lundgren, ancien scientifique au Département de l'Agriculture américain devenu éleveur dans le Dakota du Sud, publie une étude qui replace l'élevage régénératif au cœur du débat agricole nord-américain — et qui, depuis nos cuisines, confirme ce que beaucoup d'entre nous observons déjà au toucher et à la mâche.

Ce que disent 2 000 fermes

Lundgren a quitté l'USDA en 2016, désillusionné par ce qu'il décrit comme un manque d'intégrité scientifique au sein de l'agence. Depuis, sur sa propre ferme du Dakota du Sud, il a compilé des données auprès de 2 000 exploitations, des plus conventionnelles — pesticides, labours fréquents, intrants de synthèse — aux plus régénératives: absence de travail du sol, couverts végétaux, élevage intégré, suppression des produits chimiques.

Son étude, publiée dans Environmental Research: Food Systems, croise rendements, rentabilité, effets sur la santé et potentiel de stockage du carbone. Conclusion principale: les fermes régénératives accueillent une biodiversité nettement supérieure, des micro-organismes du sol jusqu'aux oiseaux, et cette biodiversité est fortement corrélée à la quantité de carbone stockée dans les parcelles. Emily Heaton, professeure d'agriculture régénérative à l'Université de l'Illinois, explique que le carbone absorbé par les plantes descend dans le sol via les racines, et que, sans labour, il peut y rester des décennies.

Ce que cela change dans l'assiette

Au cœur du modèle régénératif figure le pâturage dit « adaptatif »: on rotate les animaux fréquemment sur de petites parcelles pour reproduire les mouvements des troupeaux sauvages. Ce n'est pas une fantaisie théorique. Quand un bovin broute une herbe variée sur un sol vivant, la qualité nutritionnelle de sa viande change — meilleur profil en acides gras, plus d'oméga-3, plus de minéraux. Et, ce qui nous concerne directement à la découpe: plus de persillé intramusculaire, une maturation plus régulière, une jutosité qui tient à la cuisson.

Autrement dit, le bon sens paysan que nous défendons — herbe, rotation, sol non retourné, peu ou pas d'intrants — produit à la fois un aliment dense et un écosystème qui se régénère. Les deux ne sont pas séparables, et l'étude de Lundgren le démontre à grande échelle.

Ce qu'il faut suivre maintenant

Lundgren présentera ces résultats le 22 septembre au Food Solutions Summit, dans le cadre de la Climate Week de New York. En juin, après une rencontre avec l'agroécologue à la Maison-Blanche, un décret présidentiel a chargé les agences fédérales américaines d'élargir la recherche et le soutien à l'agriculture régénérative.

Pour notre métier, l'enjeu est clair: continuer à choisir nos bêtes en fonction de ces pratiques, et pas seulement du prix au kilo. C'est aussi, pour vous qui lisez, un repère concret au moment d'acheter — race élevée à l'herbe, finition lente, élevage extensif. La donnée scientifique rejoint, cette fois, ce que le couteau confirme depuis longtemps.